Vous gérez les notes de frais d'une petite équipe, d'une association ou de votre propre activité de libéral. Le mois est terminé, et vous avez devant vous une pile hétéroclite : tickets de caisse pliés au fond d'un sac, photos de reçus restaurant prises au téléphone, PDF Uber et SNCF dans une boîte mail, tickets de péage Vinci, parking, factures d'hôtel reçues par e-mail. Entre cinquante et cinq cents pièces selon le mois. Et l'objectif est simple : extraire tickets de caisse et notes de frais en Excel, avec les colonnes que votre comptable attend — date, fournisseur, montant TTC, montant HT, TVA récupérable au bon taux, nature de dépense, compte PCG.
Avant le workflow, les faits qui pèsent sur la saisie. La TVA en restauration sur place s'applique au taux réduit de 10 % au titre du m de l'article 279 du code général des impôts. L'alimentation à emporter et les produits d'épicerie hors consommation immédiate relèvent du taux 5,5 %. Les fournitures, le péage, le parking et les services restent au taux normal de 20 %. Les pourboires sont hors TVA récupérable. Le carburant suit la grille véhicule : pour un véhicule de tourisme (VL), le diesel et l'essence sont récupérables à 80 % ; pour un véhicule utilitaire (VU), le diesel et l'essence sont récupérables à 100 %. L'alignement de l'essence sur le diesel a été achevé selon le calendrier législatif 2017-2022 et le régime est désormais stabilisé. Côté archivage, les justificatifs scannés sont opposables à l'URSSAF et à la DGFiP dès lors que la digitalisation garantit l'intégrité, la lisibilité et l'horodatage du document — règles fixées par l'arrêté du 22 mars 2017, modifié par l'arrêté du 23 mai 2019.
Ces faits posés, trois chemins permettent de transformer la pile en Excel : la re-saisie manuelle dans un modèle Excel pour les très petits volumes, la NDF SaaS intégrée (Spendesk, Expensya, Mooncard, Pleo, N2F) pour les organisations qui ont besoin d'une chaîne complète cartes affaires plus workflow d'approbation, et l'extraction directe vers Excel par OCR-IA pour la zone intermédiaire — TPE de cinq à dix personnes, trésorier d'association, auto-entrepreneur, libéral qui consolide pour son expert-comptable. Les seuils de volume qui font basculer d'une voie à l'autre sont précisés en clôture.
Cette troisième voie est aussi celle où la qualité d'extraction et la vérification deviennent le facteur dominant. Il existe des options gratuites — un essai d'OCR ticket de caisse gratuit ici, un modèle Excel libre là, un outil mobile pour quelques dizaines de pièces par mois — qui couvrent la frange basse. Au-delà, la question n'est plus d'avoir un outil, mais d'en avoir un qui produise un Excel directement importable en logiciel comptable, avec les bons types de données et les bonnes règles de TVA appliquées.
Ce qui suit traite, dans l'ordre, le mix réel de justificatifs et la discipline de capture, la matrice TVA par type de pièce avec les exceptions françaises, la ventilation sur les comptes du Plan Comptable Général, les règles d'archivage URSSAF et DGFiP, la structure de colonnes Excel attendue par le comptable, et la frontière de volume au-delà de laquelle un SaaS NDF redevient le bon choix.
Le mix réel de justificatifs et la discipline de capture
Une consolidation de notes de frais en France ne porte pas sur un seul format. En pratique, huit familles de pièces se croisent dans le même dossier mensuel.
Tickets de caisse alimentaire et fournitures. Supermarché, épicerie, papeterie, petits achats de bureau. Imprimés sur papier thermique, le plus souvent. À photographier sur l'instant.
Reçus restaurant. Papier, parfois deux reçus par repas (l'addition et le ticket de carte bancaire). Le cas mixte sur place / vente à emporter pèse directement sur le taux de TVA applicable, traité dans la section suivante.
Reçus d'hôtel. Facture PDF reçue par e-mail pour les chaînes (Accor, Best Western, Booking lorsque la réservation passe par un revendeur émetteur de facture), facture papier pour les indépendants. Le justificatif doit porter le numéro de TVA intracommunautaire de l'établissement pour permettre la récupération.
Transport longue distance et urbain. Billets SNCF en PDF e-billet ou en confirmation e-mail, reçus Uber et Bolt en PDF dans la boîte mail, reçus de taxi papier. Les tickets de métro et de RER, eux, ne portent généralement pas de mention de TVA exploitable.
Péage autoroutier. Ticket papier remis à la borne (Vinci Autoroutes, APRR, Sanef) ou e-ticket selon le type de badge. Un télépéage donne lieu à un relevé PDF mensuel qui consolide tous les passages — un seul justificatif pour des dizaines de lignes.
Parking. Ticket papier court remis à la sortie ou facture PDF lorsque le parking est sous abonnement.
Carburant. Ticket papier de la station, qui mentionne la TVA. Cette TVA n'est cependant récupérable que partiellement et selon le type de véhicule — règle traitée plus bas.
Photographies de reçus prises au téléphone. Format hybride qui s'intercale dans tout le mix. La qualité dépend du cadrage, de l'éclairage et de la propreté du fond. Une photo trop sombre, oblique ou tronquée à un bord rend le justificatif inexploitable, qu'il s'agisse d'une saisie manuelle ou d'une extraction automatisée.
La discipline qui rend tout le reste possible est celle du papier thermique. Les tickets de caisse et la majorité des reçus restaurant sont imprimés sur ce support, qui pâlit en quelques mois sous l'effet de la chaleur, de la lumière directe ou du frottement dans une poche. À la clôture trimestrielle, un ticket d'avril photographié seulement en juillet peut être devenu illisible. La règle pratique : photographier ou scanner le ticket le jour même, avant de le ranger, et conserver l'image comme justificatif primaire — le papier devient secours. C'est exactement ce que les applications mobiles des SaaS NDF imposent en arrière-plan ; un workflow Excel doit l'imposer explicitement, via une consigne écrite aux collaborateurs.
La capture par téléphone obéit à quelques règles simples qui valent répétition. Cadrage frontal, fond contrasté (une feuille A4 blanche posée sous le ticket fonctionne très bien), le total et la mention de TVA visibles, pas de doigt qui dépasse sur un bord, pas de reflet de flash qui efface une ligne. En cas de pli ou d'effacement déjà entamé, refaire la photo dans la journée pendant que le ticket est encore lisible.
Tous les justificatifs ne portent pas une TVA exploitable. Les restaurants sur place, les hôtels, les transports longue distance, le péage, les fournitures, l'alimentation et le carburant en portent une. Les titres de transport urbains (métro, bus, tram) en sont en pratique dépourvus dans la majorité des cas, et certains tickets de parking ne donnent pas lieu à facturation détaillée. Le tableau Excel devra accommoder les deux : une colonne TVA récupérable qui peut rester à zéro, et une colonne montant TTC qui, elle, se renseigne toujours.
L'organisation physique du mois doit elle aussi être tenue. Un dossier numérique par mois (2026-04-NDF-collaborateur-Martin/ par exemple), sous-dossiers par collaborateur ou par centre de coût lorsqu'il y a lieu, photos et PDF dans le même répertoire, et un seul lot d'entrée pour l'extraction. Cette structure de dossier simplifie aussi le rapprochement avec la colonne « lien justificatif » de l'Excel final — chaque ligne du tableau pointera vers le fichier source dans l'arborescence.
Quand le mensuel devient trop épais pour la rekey manuelle — typiquement au-delà de cinquante pièces avec plusieurs collaborateurs concernés — le passage à un traitement en lot d'un volume important de reçus devient l'option naturelle. C'est précisément la zone d'usage que l'article décrit : tickets de caisse, restaurant, péage, parking et reçus PDF rassemblés dans le même tableau Excel sans saisie ligne à ligne.
La matrice TVA par type de justificatif : 5,5 %, 10 %, 20 % et les exceptions
C'est la section que l'on relit à chaque clôture. La règle générale tient en trois taux — 5,5 %, 10 %, 20 % — mais les arbitrages réels reposent sur des exceptions qui méritent d'être traitées une fois pour toutes.
Le fait fiscal de référence : les ventes à consommer sur place, à l'exclusion de celles relatives aux boissons alcooliques, bénéficient du taux réduit de 10 % de la TVA en application du m de l'article 279 du code général des impôts (doctrine fiscale BOFiP sur le taux de TVA en restauration sur place). C'est ce point qui détermine la ligne « restaurant » et qui, en miroir, isole l'alcool — qui retombe au taux normal de 20 %.
Préalable de forme avant d'attaquer la matrice : pour récupérer la TVA, le justificatif doit porter les mentions de l'article 242 nonies A de l'annexe II du CGI. En pratique, un ticket de caisse anonyme ne suffit que pour les dépenses de faible montant — le seuil de tolérance administrative usuel est de 150 € HT par opération ; au-delà, l'administration exige une facture nominative émise au nom de l'entreprise et portant le numéro de TVA intracommunautaire du fournisseur. Un déjeuner client à 180 € payé sur ticket de caisse sans facture demandée perd la TVA récupérable correspondante. La discipline pratique est de demander la facture au-dessus du seuil et de garder le ticket en complément, ou de faire émettre une facture nominative dès que le doute existe.
La matrice suivante couvre les situations qui reviennent dans une consolidation NDF en France.
| Type de justificatif | Taux TVA récupérable | Notes |
|---|---|---|
| Restauration sur place (restaurant, brasserie, bar attablé, cantine, traiteur consommé sur place) | 10 % | Hors boissons alcooliques. |
| Vente à emporter à consommation immédiate (sandwich, plat chaud, livraison Uber Eats, Deliveroo) | 10 % | Si le produit est destiné à être consommé immédiatement. |
| Vente à emporter à consommation différée (conditionnement permettant la conservation) | 5,5 % | Frontière fixée par le mode de conditionnement et la durée de conservation. |
| Alimentation hors consommation immédiate (épicerie, supermarché, boulangerie sans consommation sur place, eau plate) | 5,5 % | Taux réduit applicable aux produits alimentaires de base. |
| Hôtellerie (chambre, petit-déjeuner inclus dans le prix de la nuitée) | 10 % | Le petit-déjeuner facturé à part suit lui aussi le 10 %. |
| Transport voyageurs (SNCF, Uber, Bolt, taxi, autocar longue distance) | 10 % | Les titres de transport urbains (métro, bus, tram) sont souvent sans mention TVA exploitable. |
| Standard (fournitures de bureau, papeterie, péage, parking, services divers) | 20 % | Taux normal par défaut. |
| Boissons alcooliques au restaurant ou en magasin | 20 % | Sortent du 10 % de la restauration sur place ; à isoler ligne à ligne sur l'addition. |
| Carburant véhicule de tourisme (VL) — diesel | 80 % récupérable | Application du plafond historique de récupération sur le diesel pour VL. |
| Carburant véhicule de tourisme (VL) — essence | 80 % récupérable | Alignement sur le diesel achevé selon le calendrier législatif 2017-2022. |
| Carburant véhicule utilitaire (VU) — diesel | 100 % récupérable | Pas de plafond. |
| Carburant véhicule utilitaire (VU) — essence | 100 % récupérable | Alignement sur le diesel achevé selon le calendrier législatif 2017-2022. |
| Pourboires (espèces ajoutés sur l'addition, ligne service ajoutée à la main) | Hors TVA récupérable | À isoler en colonne dépense non déductible de TVA. |
Trois pièges de saisie reviennent plus que les autres et coûtent en redressement potentiel.
Oublier de sortir l'alcool d'une note restaurant. Une addition de déjeuner client à 80 € comprenant 25 € de vin se ventile en deux lignes pour la TVA : 55 € à 10 %, 25 € à 20 %. Postuler 80 € à 10 % laisse passer une fraction de TVA mal récupérée et expose en cas de contrôle.
Postuler le 10 % sur un Uber Eats du soir. La livraison alimentaire à consommation différée — le plat dans son conditionnement, gardé pour le soir ou le lendemain — relève du 5,5 % et non du 10 % de la restauration sur place. Le ticket lui-même mentionne souvent les deux taux selon les articles commandés ; il faut lire la ligne TVA fournie par Uber Eats plutôt qu'appliquer un taux par défaut.
Récupérer la TVA sur le carburant essence d'un VL au mauvais taux. L'alignement essence/diesel s'est achevé selon le calendrier 2017-2022, et le régime applicable est désormais 80 % VL et 100 % VU, à parité avec le diesel. Pour une dépense ancienne (avant 2022) ou en cas de doute sur une évolution, il reste prudent de vérifier l'instruction BOFiP en vigueur à la date de la dépense.
La règle pratique qui tombe naturellement de cette matrice : un Excel par justificatif unique, avec trois colonnes TVA distinctes (5,5 % / 10 % / 20 %) plutôt qu'une colonne unique « TVA ». Les colonnes vides restent à zéro, la somme reconstitue la TVA totale du mois pour rapprochement avec la déclaration CA3 ou CA12, et le comptable n'a pas à reventiler ligne à ligne au moment de la déclaration. Une colonne « TVA non récupérable » à part garde la trace des montants figurant sur le justificatif mais non récupérables — pourboire, alcool dans certaines politiques internes, fraction de carburant non éligible — pour que le total payé reste cohérent avec le TTC du justificatif.
La ventilation PCG : quel compte pour quel justificatif
La colonne « compte PCG » de l'Excel détermine si le tableau est importable directement en logiciel comptable ou s'il faudra le retraiter ligne à ligne. Le Plan Comptable Général distingue plusieurs sous-comptes pour les charges de mission et de déplacement, et la comptabilisation note de frais 625 / 6256 / 6257 mérite d'être clarifiée une fois pour toutes.
| Type de justificatif | Compte PCG | Notes |
|---|---|---|
| Billets SNCF, vols, taxi, Uber, Bolt, autocar longue distance, location de véhicule de tourisme | 6251 — Voyages et déplacements | Le poste qui consolide tout le transport long et court hors carburant. |
| Hôtel et restaurant pris dans le cadre d'un déplacement professionnel, frais de bouche en mission | 6256 — Missions | Pas de tiers extérieur convié. |
| Restaurant client, cocktail, frais de représentation impliquant un tiers extérieur | 6257 — Réceptions | Soumis à des limites de déductibilité fiscale spécifiques. |
| Toutes les charges de déplacement et mission consolidées sans ventilation analytique | 625 — Compte parent | Pratique TPE acceptable si tenue cohérente d'un mois à l'autre. |
| Papeterie, petit consommable de bureau, fournitures non stockables | 6064 (ou 606 selon plan adopté) | À distinguer des achats stockables (607). |
| Carburants — énergie | 60611 | Ventiler par véhicule (VL vs VU) pour la TVA. |
| Frais postaux, télécommunications | 6261 | Selon plan analytique de l'organisation. |
| Entretien et réparations véhicule | 615 | Pour les opérations de maintenance occasionnelles. |
L'arbitrage entre 6256 et 6257 sur un déjeuner restaurant est le plus fréquent. Sans tiers invité — le collaborateur déjeune seul ou avec un autre salarié de l'organisation pendant un déplacement — c'est une mission, donc 6256. Avec un client, un prospect, un partenaire ou un fournisseur invité, c'est une réception, donc 6257. La distinction ne relève pas du formalisme : les frais de réception sont soumis à des règles de déductibilité fiscale spécifiques (notamment des plafonds de déductibilité pour certains montants par convive ou par prestation), et le contrôleur fiscal vérifie la cohérence entre la nature déclarée, le montant et l'objet de la dépense. La colonne « nature dépense » de l'Excel doit donc tracer le motif (« déjeuner client X — projet Y »), pas seulement « restaurant ».
En TPE et en association, beaucoup d'organisations consolident l'ensemble des déplacements et missions sur le compte parent 625 sans ventiler 6251 / 6256 / 6257. Cette pratique est acceptable tant qu'elle est cohérente d'un mois à l'autre et que le détail reste accessible via la colonne « nature dépense ». Les organisations sous contrôle de gestion ou en présentation analytique ventilent au sous-compte ; au-delà, l'expert-comptable ajoute parfois une dimension analytique propre par projet ou par centre de coût, qui se reflète dans une colonne supplémentaire de l'Excel sans modifier la ligne PCG.
Le carburant occupe un statut particulier. La ligne 60611 capture la nature de dépense, mais la TVA récupérable se calcule sur la base du taux applicable au véhicule : VL diesel 80 %, VU diesel 100 %, essence selon l'année courante. La colonne TVA de l'Excel ne reflète donc qu'une fraction de la TVA figurant sur le ticket de carburant. Le reste — la TVA non récupérable — bascule en charge déductible du résultat, sans impact sur la TVA déductible. Une colonne « TVA non récupérable » à côté des trois colonnes de taux permet de tenir cette comptabilité de façon transparente.
Le cas de l'auto-entrepreneur diffère structurellement. Sous le régime micro, il n'y a pas de TVA récupérable (sauf en cas de franchise dépassée et de bascule au régime réel) et pas de comptabilité analytique au sens du PCG. Le tableau de bord sert au suivi de gestion personnel et à l'établissement éventuel de la déclaration 2042-C-PRO. La colonne « compte PCG » reste néanmoins utile pour catégoriser la dépense par nature — voyages, missions, réceptions, fournitures, carburant — et pour préparer une éventuelle bascule au régime réel ou un changement de statut. La logique d'extraction reste la même ; seule la colonne TVA récupérable disparaît, remplacée par une colonne TVA payée non récupérable qui agrège l'ensemble.
Archivage URSSAF et DGFiP : ce que dit vraiment le droit français
La question revient à chaque clôture annuelle : peut-on jeter le papier après avoir scanné, et combien d'années faut-il garder ? La réponse est plus nuancée que les promesses marketing « scannez et oubliez le papier » des SaaS NDF, mais elle est lisible.
Trois durées de conservation s'appliquent en parallèle, et il faut tenir la plus longue applicable au document concerné.
Six ans pour les pièces fiscales au titre de l'article L. 102 B du Livre des procédures fiscales. La durée concerne les factures, les notes de frais, les justificatifs de TVA déductible, les livres et registres comptables — tout ce qui peut être appelé en contrôle fiscal. C'est le délai cible pour un justificatif numérique URSSAF note de frais qui sert aussi à la TVA.
Trois ans pour les pièces sociales vis-à-vis de l'URSSAF — délai de prescription des cotisations. Les notes de frais qui supportent un remboursement à un collaborateur entrent dans ce périmètre, parce qu'elles peuvent être requalifiées en élément de rémunération si le justificatif n'est pas produit lors d'un contrôle.
Dix ans pour les comptes annuels et pièces justificatives au titre de l'article L. 123-22 du Code de commerce. En pratique, dans une logique TPE, on aligne souvent l'archivage des notes de frais sur la durée la plus longue applicable — ce qui revient à dix ans pour la sérénité d'un éventuel contentieux commercial, à six ans au minimum pour la fiscalité, et à trois ans pour le strict champ social. L'archivage note de frais 6 ans CGI est donc le plancher pratique, pas le plafond.
L'opposabilité du scan à l'URSSAF et à la DGFiP est encadrée par l'arrêté du 22 mars 2017, modifié par l'arrêté du 23 mai 2019. La règle, telle qu'elle est appliquée par l'administration, repose sur trois conditions cumulatives.
Intégrité. La digitalisation doit reproduire fidèlement le document papier. L'organisation doit pouvoir prouver à tout moment que la copie n'a pas été altérée depuis sa création — pas de retouche, pas de modification du contenu, pas d'effacement partiel.
Lisibilité. Le résultat numérique doit rester exploitable sur la durée de conservation requise. Une photo de ticket à 200 ko qui tient en juin 2026 doit rester lisible en juin 2032. Cela suppose un format pérenne (PDF/A, JPEG raisonnablement compressé) et un stockage qui ne dégrade pas le fichier.
Horodatage. La date de numérisation doit être tracée et certifiée. Un horodatage qualifié par un tiers de confiance, ou à défaut un journal d'opérations infalsifiable au sein du système d'archivage.
Les normes AFNOR fournissent le cadre technique de référence. La NF Z42-026, en vigueur depuis 2017, encadre la numérisation fidèle de documents et donne les exigences pour qu'une copie numérique ait valeur probante équivalente à l'original papier. La NF Z42-013 couvre l'archivage électronique à long terme et les systèmes d'archivage à valeur probante. La digitalisation note de frais NF Z42-026 est ce que les NDF SaaS de marché revendiquent pour vendre la promesse « scannez et jetez le papier » ; un workflow Excel doit pouvoir s'en réclamer aussi pour bénéficier du même niveau d'opposabilité.
C'est sur la frontière du double archivage que la honnêteté compte. Si la chaîne de digitalisation est conforme à la NF Z42-026 — scanner ou application mobile certifiée, horodatage qualifié, empreinte cryptographique du fichier conservée, journal d'opérations tracé — le papier peut être détruit sans risque après vérification de la copie numérique. Si la chaîne se résume à des photos prises au téléphone et stockées sur le drive de l'organisation, sans horodatage qualifié et sans empreinte du fichier, le double archivage papier sur les six années fiscales reste prudent. C'est la pratique majoritaire en TPE et en association, et elle ne coûte que de l'espace de stockage physique. Beaucoup de comptables conseillent ce double archivage en attendant que la chaîne numérique soit auditée et formellement conforme.
Le PDF reçu directement par e-mail bénéficie d'un statut différent. Un e-billet SNCF, une facture PDF Uber, une facture PDF d'hôtel reçue dans la boîte mail sont nativement numériques — pas de scan, pas de papier d'origine. Ils sont donc déjà opposables sans nécessité de conversion. L'enjeu se déplace vers leur conservation : les laisser dans la boîte mail n'est pas un système d'archivage à valeur probante. Le geste correct est de les copier dans le dossier mensuel de l'organisation, avec le reste des justificatifs, et de s'assurer que ce dossier est sauvegardé sur la durée requise.
Cette frontière entre justificatif NDF et facture fournisseur est utile à garder en tête. Un déjeuner pris au restaurant pour le compte de l'entreprise génère un ticket de caisse qui est une note de frais ; une facture du même restaurant adressée nommément à l'entreprise pour un événement est une facture fournisseur, qui passe par un autre circuit comptable et — à partir de la généralisation de la facturation électronique en 2026 — par une plateforme de dématérialisation agréée. Si l'organisation traite les deux flux, choisir une plateforme agréée pour la réception des factures électroniques devient un sujet voisin, distinct de l'extraction des justificatifs NDF mais à coordonner.
La structure de colonnes Excel attendue par le comptable
L'Excel final n'a de valeur que s'il est immédiatement importable en logiciel comptable et lisible en cas de contrôle. Quinze colonnes, dans un ordre stable, suffisent à couvrir les besoins de la quasi-totalité des organisations sous régime réel. Un modèle plus léger conviendra à l'auto-entrepreneur ; le tableau note de frais collaborateur Excel décrit ci-dessous est la version complète.
| Colonne | Format | Rôle |
|---|---|---|
| N° pièce | Texte | Identifiant interne de la NDF ou du lot mensuel (NDF-2026-04-001). |
| Date | Date (YYYY-MM-DD) | Date du justificatif, pas date de saisie. |
| Fournisseur | Texte | Raison sociale ou enseigne (Carrefour, SNCF, Hôtel Mercure Lyon Part-Dieu). |
| Ville | Texte | Lieu de la dépense, utile en cas de contrôle. |
| Montant TTC | Nombre 2 décimales | Total payé sur le justificatif. |
| Montant HT | Nombre 2 décimales | Base hors taxes. |
| TVA 5,5 % | Nombre 2 décimales | Montant TVA récupérable au taux 5,5 %, zéro si non applicable. |
| TVA 10 % | Nombre 2 décimales | Montant TVA récupérable au taux 10 %, zéro si non applicable. |
| TVA 20 % | Nombre 2 décimales | Montant TVA récupérable au taux 20 %, zéro si non applicable. |
| TVA non récupérable | Nombre 2 décimales | TVA mentionnée sur le justificatif mais non récupérable (carburant non éligible, alcool selon politique interne, pourboire). |
| Nature dépense | Texte | Libellé court (déjeuner mission, billet SNCF Paris-Lyon, péage A6, fournitures bureau). |
| Compte PCG | Texte | Code à quatre chiffres ou plus (625, 6251, 6256, 6257, 6064, 60611). |
| Collaborateur | Texte | Nom du salarié, du bénévole ou du dirigeant concerné. |
| Projet / centre de coût | Texte | Optionnel en TPE, utile en analytique. |
| Lien justificatif | Texte / lien | Chemin ou URL vers le PDF / l'image scannée associée à la ligne. |
Trois colonnes TVA distinctes plutôt qu'une colonne unique : la raison est purement opérationnelle. Le comptable doit pouvoir rapprocher la TVA déductible du mois par taux pour la déclaration de TVA — CA3 mensuelle ou CA12 annuelle selon le régime de l'organisation. Une colonne unique « TVA » oblige à recalculer ligne à ligne au moment de la déclaration, en reclassant chaque montant à son taux. Trois colonnes parallèles laissent les sommes par taux directement disponibles, et la déclaration se fait par addition de colonne. La colonne « TVA non récupérable » à part garde la trace des montants figurant sur le justificatif mais qui n'entrent pas dans la TVA déductible — typiquement la fraction non récupérable du carburant, l'alcool dans certaines politiques internes, ou le pourboire. Sa raison d'être : le total TTC du justificatif doit toujours se reconstituer comme HT + TVA 5,5 % + TVA 10 % + TVA 20 % + TVA non récupérable, sans écart ; tout écart signale une erreur de saisie ou de ventilation.
Les types Excel à imposer méritent un mot. La colonne Date doit être en type Date — pas en Texte — pour que les filtres mensuels et les tris chronologiques fonctionnent et que l'import en logiciel comptable reconnaisse la date sans heuristique. Les colonnes monétaires doivent être en Nombre à deux décimales, pas en Texte, sinon les sommes en bas de tableau retournent des erreurs ou ne se calculent pas. La colonne Compte PCG doit en revanche être en type Texte, pas en Nombre. Si elle est laissée en Nombre, Excel ampute le zéro de tête sur certains comptes (par exemple 06251 devient 6251 dans une cellule, 60611 reste 60611, et la cohérence saute). Un import en Sage, Cegid, Pennylane, Dougs ou EBP avec un compte tronqué produit des erreurs silencieuses au moment du rapprochement. Sans cette discipline de typage, l'Excel le plus rigoureux par ailleurs reste fragile.
Le principe de granularité est invariant : une ligne par justificatif unique. Pas de regroupement par fournisseur sur le mois, pas de ligne récapitulative en bas du tableau. Les sommes se calculent en pivot ou en formule, pas en ligne dure dans la grille. Cette règle est ce qui rend l'Excel auditable — un contrôleur fiscal ou URSSAF doit pouvoir remonter de chaque ligne au justificatif source via la colonne « lien justificatif ». Une ligne consolidée de plusieurs justificatifs casse cette traçabilité.
Plusieurs sites institutionnels et SaaS proposent un note de frais Excel modèle libre — Independant.io, Qonto, Cegid, et d'autres — dont la structure est proche de celle décrite ci-dessus. Télécharger un modèle vide est utile pour démarrer, mais la valeur ajoutée n'est pas le modèle vide ; c'est la fiabilité avec laquelle il se peuple depuis le mix réel de justificatifs (papier, photos, PDF) en un mensuel cohérent, sans rekey manuelle ligne à ligne.
Trois chemins pour passer du dossier de tickets au tableau : choisir selon le volume
Re-saisie manuelle dans un modèle Excel. Tient jusqu'à une vingtaine de justificatifs par mois. Au-delà, le coût horaire de la rekey dépasse le coût d'un outil d'extraction, même en prenant le SMIC chargé comme repère bas. La fiabilité dépend entièrement de la discipline de l'opérateur : une ligne mal saisie sur le taux de TVA coûte un retraitement comptable, et en cas de contrôle URSSAF ou DGFiP, un risque de redressement sur la TVA mal récupérée. Pour un libéral qui paye dix tickets de péage et trois reçus restaurant par mois, c'est la bonne voie ; pour un office manager qui consolide soixante pièces de dix collaborateurs, elle ne l'est plus.
NDF SaaS intégrée. Spendesk, Expensya, Mooncard, Pleo, N2F, Lucca, Cegid Notilus. Pertinente au-dessus d'environ dix collaborateurs avec déplacements réguliers, cartes affaires intégrées, workflow d'approbation à plusieurs niveaux, et besoin de rapprocher dépenses, cartes et comptabilité dans un même outil. L'abonnement se justifie par la chaîne complète qu'elles couvrent — application mobile pour les collaborateurs, validation manager, intégration avec la carte affaires, export comptable, archivage à valeur probante — et non par l'extraction seule. Pour une TPE de cinq personnes, une association ou un libéral, la part d'utilisation effective du produit ne couvre pas l'abonnement, et la complexité d'onboarding (paramétrage, formation des collaborateurs à l'application mobile, adoption) excède le besoin réel.
Extraction directe vers Excel par OCR-IA. Couvre la zone intermédiaire et large : volumes mensuels de cinquante à plusieurs centaines de justificatifs, organisations qui n'ont pas besoin de cartes affaires intégrées ni de workflow d'approbation à plusieurs niveaux, et qui veulent simplement transformer un dossier de pièces en un tableau exploitable par leur comptable. C'est la voie « note de frais sans logiciel SaaS » au sens où il n'y a pas de plateforme NDF à déployer ni d'abonnement récurrent à porter ; il y a un outil d'extraction qu'on actionne au moment de la consolidation mensuelle et qui produit l'Excel.
Concrètement, le geste tient en quatre temps. On rassemble le dossier mensuel — PDF reçus par e-mail, photos téléphone, scans de tickets papier, le tout dans un seul répertoire. On le pousse dans l'outil d'extraction de tickets et factures par IA en une seule fois. On précise en langage naturel ce que l'on veut : les colonnes définies plus haut, les taux TVA de la matrice, la ventilation PCG, les règles de gestion des cas particuliers (alcool en restaurant, pourboire, carburant). On récupère le tableau Excel structuré, prêt à être passé au comptable ou importé en logiciel comptable. La discipline opérateur reste nécessaire — capture sur l'instant, lisibilité des photos, rangement par dossier mensuel — mais la rekey ligne à ligne disparaît.
C'est ce que fait notre produit. Un champ de prompt et une zone d'upload, des lots jusqu'à 6 000 fichiers par session, des PDF jusqu'à 5 000 pages, une sortie Excel (.xlsx), CSV ou JSON avec les types natifs préservés — date typée Date, montants typés Nombre, colonne Compte PCG en Texte pour éviter l'amputation du zéro de tête. Chaque ligne du tableau porte la référence au fichier source et au numéro de page, ce qui restitue la traçabilité requise pour un audit URSSAF ou DGFiP. Les pièces uploadées et les journaux de traitement sont supprimés sous 24 heures ; les Excel produits restent disponibles 90 jours pour téléchargement. Côté pricing, 50 pages par mois sont permanentes en gratuit, sans carte bancaire à l'inscription ; au-delà, le paiement se fait à la consommation par packs de crédits valables 18 mois, sans abonnement.
Un prompt typique pour le cas NDF français ressemble à ceci. « Pour chaque ticket de caisse, reçu restaurant, facture d'hôtel, billet de transport et reçu de péage du dossier, extrais une ligne avec : N° pièce, Date au format YYYY-MM-DD, Fournisseur, Ville, Montant TTC, Montant HT, TVA 5,5 %, TVA 10 %, TVA 20 %, TVA non récupérable, Nature dépense, Compte PCG, Collaborateur, Lien justificatif. Pour les notes de restaurant, isole la ligne alcool en TVA 20 % et exclus les pourboires de la TVA récupérable. Pour le carburant, applique le taux de récupération selon le type de véhicule indiqué dans la nature de dépense. Format Excel, colonne Compte PCG en type Texte. » Le tableau retour reflète exactement les règles posées dans les sections précédentes, sans ressaisie.
Le cas auto-entrepreneur garde sa logique propre. Pas de TVA récupérable sous le régime micro, mais besoin de garder la trace structurée des dépenses pour la déclaration 2042-C-PRO et pour le calcul de la marge réelle. L'extraction directe reste pertinente avec un Excel allégé — sans les trois colonnes de TVA récupérable, avec une colonne « TVA payée » qui agrège la TVA totale comme charge déductible. Le geste auto-entrepreneur tickets caisse récupération TVA est donc un faux geste sous régime micro, mais le geste « auto-entrepreneur tickets caisse en charge déductible » reste pleinement opérationnel.
Pour les équipes mixtes ou internationales qui consolident à la fois des justificatifs français et étrangers, le guide général d'extraction de reçus vers Excel (en anglais) couvre le contexte hors-France ; les principes de capture, de structuration de l'Excel et de typage des colonnes sont les mêmes, seule la matrice TVA et la ventilation PCG sont spécifiques au cadre français.
Si l'organisation grandit au point d'avoir besoin de cartes affaires intégrées, d'un workflow d'approbation à plusieurs niveaux et d'un rapprochement temps réel entre dépenses et comptabilité, la NDF SaaS redevient le bon outil. L'article a servi le segment qui n'y est pas encore — celui où le bon Excel suffit.
Extract invoice data to Excel with natural language prompts
Upload your invoices, describe what you need in plain language, and download clean, structured spreadsheets. No templates, no complex configuration.
Related Articles
Explore adjacent guides and reference articles on this topic.
Extraire ses factures LMNP en Excel pour le comptable
Préparez le fichier Excel demandé par votre expert-comptable LMNP: factures, tickets, charges, biens et comptes PCG, sans ressaisie manuelle.
Autoliquidation TVA intracommunautaire : guide acheteur
Facture fournisseur UE sans TVA : reconnaissez l'autoliquidation, passez l'écriture PCG, remplissez la CA3 et préparez EMEBI/e-reporting.
Auto-entrepreneur : recevoir une facture électronique en 2026
Auto-entrepreneur en franchise de TVA ? Vous êtes concerné par la réception des factures électroniques au 1er septembre 2026. Voici les démarches concrètes.